Une contribution essentielle

QUI SONT LES CHARGÉES ET CHARGÉS DE COURS?

Les chargées et chargés de cours sont présents dans la formation universitaire au Québec depuis l’origine des divers établissements, les plus anciens comme les plus récents. Le titre de chargé de cours est une dénomination générale. Il inclut des désignations particulières selon les activités de formation : tuteur en formation à distance, superviseur de stages, chargé d’enseignement, chargé de formation pratique, chargé de clinique, accompagnateur et coach en formation musicale, formateur en disciplines pratiques. 

Leur dénominateur commun est le fait que tous ces enseignants n’appartiennent pas au corps professoral régulier, tout en étant partie prenante du corps enseignant qui assume la mission de formation des universités. Le statut de ces enseignants est celui de la non-permanence selon des contrats d’embauche à durée déterminée, pour la plupart de 15 semaines. Seul un petit nombre obtient des contrats plus longs, mais révocables à terme.

On peut estimer que les établissements universitaires québécois disposent de plus de 11 000 chargées et chargés de cours. La plupart enseignent au premier cycle mais plusieurs interviennent également aux niveaux de la maîtrise et du doctorat. Le corps enseignant des chargés de cours est composé de femmes et d’hommes, en proportion à peu près égale. La très grande majorité détient un diplôme de maîtrise, 43 % a au moins une scolarité de doctorat et 23 % détient un doctorat. Tous ont été triés sur le volet et doivent répondre à des qualifications professionnelles précises pour assumer l’enseignement qu’on leur confie. Certains font carrière dans l’enseignement universitaire en donnant plusieurs cours dans une même année universitaire, soit dans le même établissement, soit en circulant entre plusieurs universités. D’autres chargés de cours viennent à l’université une ou deux fois par année pour y donner une formation très spécifique reliée à leur expertise professionnelle. Près de 60 % des chargés de cours des universités cumulent plus de 15 ans d’expérience de travail à l’extérieur de l’université et le même pourcentage enseigne à l’université depuis plus de 15 ans.


LA CONTRIBUTION ESSENTIELLE DES CHARGÉES ET CHARGÉS DE COURS

L’université peut compter sur la contribution des chargées et chargés de cours, qui est complémentaire de celle des professeurs et qui demeure essentielle à une formation universitaire de qualité.

Toutefois, cet apport reste peu connu et valorisé socialement, même s’il est bien apprécié des étudiantes et des étudiants. Ces enseignants font preuve d’une réelle passion pour transmettre leurs connaissances et assurer la relève dans leur profession selon les critères les plus exigeants.

La contribution des chargés de cours est très diversifiée et largement répandue dans tous les établissements universitaires. On évalue présentement cette collaboration à environ 50 % de l’enseignement au premier cycle et ils sont de plus en plus présents aux cycles supérieurs. En outre, ce sont les chargés de cours qui assument, en très large partie, l’enseignement dans les centres hors campus, favorisant ainsi une extension des services de formation auprès des populations qui habitent loin des centres urbains. Ils assurent aussi la majeure partie de l’enseignement aux adultes inscrits dans des certificats d’études universitaires qui se donnent en soirée et les fins de semaine.

Cet engagement pour l’accessibilité aux études universitaires a toujours été une mission que les chargés de courts ont prise à cœur pour l’avancement de la société québécoise.

Au cours des récentes décennies, la contribution des chargées et chargés de cours aux universités s’est élargie  et ne se résume plus à la seule prestation de cours. En effet, cet élargissement des tâches recouvre de multiples activités d’ordres pédagogique et académique : encadrement des étudiantes et des étudiants dans leur cheminement de programme, révision et évaluation des programmes d’étude, concertation au sein de ces programmes, développement pédagogique et création de matériel didactique, animation pédagogique et scientifique. Les chargés de cours occupent aussi des postes réservés dans les instances décisionnelles et dans d’autres structures académiques ou pédagogiques au sein des établissements, là où leur représentation est requise et très appréciée. C’est ainsi que leur intégration se fait peu à peu, réduisant la marginalité où ils étaient autrefois confinés.


LA QUALITÉ DE L’ENSEIGNEMENT

La qualité de la formation universitaire repose sur plusieurs facteurs, notamment sur les programmes de formation offerts et sur un souci constant pour le développement de la pédagogie. Mais elle repose également sur le corps enseignant, sur la diversité et la complémentarité des enseignants, sur leur expérience pédagogique et professionnelle, sur leur travail en équipe. La qualité repose en outre sur des conditions de travail adéquates, qui influent sur les conditions d’apprentissage des étudiantes et des étudiants et sur la poursuite de leurs études.

Les enseignantes et les enseignants apportent une contribution personnelle et collective à la formation d’une relève sociale et scientifique, ce qui est de la plus haute importance à l’université.

Les chargées et chargés de cours sont conscients de leur apport à la formation universitaire, ils y engagent le meilleur de leurs expériences et de leurs connaissances. Ils sont choisis en fonction de leur compétence reconnue; celle-ci est certifiée par la détention d’un diplôme (maîtrise ou doctorat) et par une expérience professionnelle démontrée. On mesure minutieusement leurs capacités à satisfaire aux exigences pour chacun des cours qui leur est confié, on évalue aussi régulièrement leur prestation d’enseignement.  Ceux qui participent à la formation pratique sont des professionnels reconnus et actifs dans leur domaine d’activité. Ils sont souvent membres qualifiés d’un ordre professionnel, d’une association professionnelle ou d’une société savante. Ces personnes assurent une continuité entre le milieu de la pratique et celui de la formation d’une relève bien qualifiée en vue d’une carrière professionnelle. Environ 60 % des chargés de cours ont plus de 15 ans d’expérience en enseignement universitaire. Ils ont ainsi développé une pédagogie adaptée à leur programme, dont ils connaissent très bien les objectifs et les finalités. Au cours des ans, ils ont rencontré de multiples cohortes d’étudiants et sont capables de parer à toutes les difficultés d’apprentissage.

Les chargés de cours sont responsables de la mise à jour des connaissances pour les contenus de leurs cours. Ils se tiennent informés des découvertes scientifiques, des nouvelles pratiques, des nouvelles méthodes dans leur domaine d’expertise et leur discipline.

Plusieurs participent régulièrement à des colloques et à des congrès de sociétés savantes. Certains interviennent dans les débats publics où leur expertise est requise et reconnue. D’autres publient dans les revues scientifiques ou encore dans des revues de vulgarisation de connaissances et de savoirs pratiques. De plus, il convient de reconnaître que les chargés de cours sont réellement habilités à transmettre une formation en recherche, cars ils ont eux-mêmes, lors de leur formation, participé à une recherche reconnue par l’université afin d’obtenir leur diplôme. Près du tiers est toujours actif en recherche et certains s’adonnent à la création artistique et littéraire.

C’est ainsi que les chargées et chargés de cours maintiennent la qualité de leur enseignement et oeuvrent à une formation universitaire de haute qualité. Les étudiantes et les étudiants savent apprécier cette contribution à sa juste valeur. En grande majorité, ils se montrent généralement satisfaits de l’enseignement qu’ils reçoivent. Avec l’apport essentiel que constituent leur enseignement et leur expérience professionnelle, les chargées de cours participent structurellement à la vie universitaire. Cette implication ne peut que favoriser la réussite scolaire des étudiants qu’ils forment depuis des dizaines d’années et est un gage d’avenir pour l’université québécoise.

 
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