Paul en roue libre

Désigné en mai dernier « écrivain en résidence 2017 » de la Ville de Gatineau, le prolifique auteur Paul Roux fera de la place dans son horaire « très chargé » pour animer des ateliers, alors que s’amorce la 19e édition de la Semaine des bibliothèques publiques du Québec.

Du 21 au 28 octobre, le réseau des bibliothèques de la Ville multiplie les initiatives pour la jeunesse (Heure du conte avec un pompier ; lectures d’Halloween ; Bal des sorcières ; ateliers de programmation Scratch et Minecraft, etc.).

Dès samedi le 21, Paul Roux enseignera le b.a.-ba de la création d’une BD, en reprenant chacune des étapes (création des personnages, écriture, découpage graphique et dessins des vignettes) menant à la réalisation d’une planche complète. L’activité, destinée aux 12 ans et plus, a lieu de 14 h à 16 h 30, à la bibliothèque Guy-Sanche. Il récidivera samedi 27 octobre (même endroit, mêmes heures).

Entretemps, jeudi 26 octobre, cette fois à la bibliothèque Lucy-Faris (secteur Aylmer), il aura animé une conférence portant sur l’origine et l’histoire du Neuvième art, égayée de documents visuels. 

Toujours à la bibliothèque Lucy-Faris, l’auteur – un grand amateur de soccer qui est aussi coach pour une équipe junior – animera De soccer et de mots : cette présentation lui permettra de lever un voile sur la toute nouvelle série jeunesse qu’il s’apprête à publier cet hiver, Les rebelles du soccer. On pourra voir des extraits de cette œuvre en chantier qui suivra les tribulations d’une équipe de jeunes joueurs évoluant dans une ligue mineure.

À chacune des activités, M. Roux fera tirer des livres ou des albums parmi les participants.

Il a déjà animé deux autres ateliers pour la Ville, début octobre, sitôt entamé son mandat d’écrivain en résidence. « En ce moment, je travaille jour et nuit ; j’ai 60 000 projets planifiés en même temps et j’ai le cerveau parfois plus sec qu’un vieux raisin », partage-t-il. 

Il vient à peine d’achever les illustrations d’un nouveau tome des Trois Mousquetaires (série de romans jeunesse rédigée par André M. Boucher) et les deux premiers volumes des Rebelles... que, déjà, son éditeur Bayard, lui a pressé le pas en lui commandant les deux premiers chapitres du 3e roman de cette série sur le soccer, encore inédite. Bayard qui publiait en septembre dernier Gladiateurs virtuels... un autre roman signé Paul Roux.

Ceci, sans oublier les cours à l’Université du Québec en Outaouais, que Paul Roux donne dans le cadre du programme de BD de l’ÉMI. Ni sa « première incursion dans le milieu de l’édition anglophone ». « Je suis obligé de travailler vite, tout le temps et partout. En fait, je travaille même quand je suis dans l’auto, à chercher des idées pendant que je conduis ma fille jusqu’à ses pratiques de soccer. »

Auteur et illustrateur prolifique – il a signé plus de 170 titres, essentiellement destinés à la jeunesse ; ces dernières années, Paul Roux publie au rythme de « 7 ou 8 titres par an », entre autres parce qu’Internet lui a permis de diviser par mille le temps de recherche iconographique.

En toute liberté

Et s’il se permet parfois de décliner certains projets proposés par ses éditeurs, c’est pour mieux pour leur soumettre d’autres idées, qui l’allument davantage, explique-t-il.

Il a publié son premier ‘vrai’ roman (sans images), Trafic à New York, en 2008 (chez Soulières). Depuis, il alterne entre la plume et le pinceau, entre la BD, les illustrations et le récit textuel.

« Des fois je n’ai même pas envie de dessiner : j’ai juste envie de raconter. Pour moi qui ai développé mon imagination en lisant Jules Vernes et Bob Morane, un mot peut aussi valoir 1000 images. »

Et puis, « j’aime ça, passer d’un projet à l’autre. Je ne voudrais pas devenir comme Morris, qui a dessiné Lucky Luke toute sa vie ». 

Chaque projet appelle une écriture différente, en fonction des personnages ou du public cible. Et le rythme des phrases finit par s’imposer de lui-même. Lorsqu’il bute sur une idée ou un projet qui « n’avance pas », il finit souvent par réaliser qu’il « n’avait tout simplement pas le bon support pour cette idée ».

Ainsi, l’élément déclencheur des péripéties racontées Dans la peau des autres, roman que Paul Roux a publié en 2016, un manteau aux propriétés magiques, « c’était une idée que j’avais mis en réserve depuis des années pour la série Ariane et Nicolas. À chaque nouvel album, je réessayais. Et, chaque fois, je renonçais. Après 15 ans, j’ai compris que cette idée devait être racontée autrement. Qu’il fallait que j’en fasse un livre ». 

La 19e Semaine des bibliothèques publiques du Québec qui se déroulera du 21 au 28 octobre est donc l’occasion idéale de rappeler aux candidats politiques qu’investir dans nos bibliothèques rapporte directement aux citoyens. Que ce soit l’aménagement d’un Fab lab ou d’un Médialab, la référence virtuelle coopérative ou l’offre d’un service de prêt d’objets, les projets porteurs se multiplient au sein des bibliothèques du Québec. Rappelons cependant que chaque histoire à succès commence par l’implication concrète des élus municipaux dans les plans de développement des bibliothécaires qui ne manquent pas d’idées pour faire rayonner ces institutions au service des gens.